BRÈVE HISTOIRE DES HÉBREUX

Il ne faut pas confondre Hébreux, Israélites et Juifs.
Environ vers l’an 4000 avant notre ère ; la Mésopotamie (vallées du Tigre et de l’Euphrate, en Asie antérieure) était occupée par les Sumériens, qui faisaient partie d’une population dite « asianique » aujourd’hui disparue, ni européenne, ni turque, ni sémite. C’est alors que débouchèrent en Mésopotamie, on ne sait d’où, peut-être d’une Arabie pas déserte comme aujourd’hui, des Sémites appelés Accadiens, qui contribuèrent à créer la civilisation assyrienne.
Ces Accadiens étaient flanqués de tribus nomades également sémitiques, dont la petite tribu (famille au sens large, avec ses tenants et aboutissants) d’Abraham, ancêtre des Hébreux.
Cette tribu — et c’est ici que commence l’histoire des Hébreux — passa de la Mésopotamie dans le pays de Chanaan (la Palestine), sur le bord de la Méditerranée.
Au bout de plusieurs siècles, un grand concours de tribus nomades d’Asie envahirent l’Égypte, alors hautement civilisée. Ces tribus asiatiques, dites les Hyksos, ne produisirent pas
que des ravages, car ce sont les Hyksos qui introduisirent le cheval en Afrique. Tout comme les
Cimbres et les Teutons ravageant l’ancienne Gaule entraînèrent avec eux des tribus par le territoire desquelles ils passèrent, les Hyksos entraînèrent les Hébreux avec eux vers l’Égypte. Cesderniers s’y attardèrent après que les Hyksos eurent été rejetés en Asie, l’épisode des Hyksos se passant autour de l’an 2000 avant notre ère.
Les Juifs prospérèrent en Égypte, puis s’y rendirent si insupportables qu’ils durent quitter le pays (ce qu’on appelle F « E xode »), vers 1300 avant notre ère. Rôdant à travers le désert et le
Sinaï, ils se dirigèrent lentement vers la terre de Chanaan, qu’ils réoccupèrent.
Là, ils fondèrent un État, qui, sous leurs souverains Saül, David et Salomon, cinq fois plus étendu que la Palestine proprement dite, s’étendait de l’Euphrate à la nier Rouge et qu’on peut appeler l’empire hébreu, pour le distinguer des deux États, beaucoup plus petits, qui lui succédèrent.
Après Salomon, l’empire, en même temps qu’il perdait ses marches extérieures, se divisa en deux royaumes : le royaume d’Israël au Nord, comprenant dix tribus, qui ne voulait pas reconnaître
la prééminence de celle de Juda, et le royaume de Juda au Sud, n’englobant que les tribus de
Juda et de Benjamin. La treizième tribu, celle de Lévi, tribu sacerdotale, c’est-à-dire fournissant les prêtres, mais ne possédant pas de territoire, restait représentée dans les deux royaumes.
Le royaume d’Israël entra en conflit avec l’empire d’Assyrie ; dont l’empereur Sargon, en
722 avant notre ère, transplanta la population israélite en Assyrie, à quelques groupes d’individus près, et la remplaça par des colons assyriens.
Il n’existe aujourd’hui pas dé peuple qui descende traditionnellement des Israélites, sauf quelques petits groupes isolés, en particulier dans le Kourdistan, et le groupe chétif des Samritains, qui, au nombre de deux cents individus seulement, descend des Israélites restés au pays d’Israël.
Est-ce à dire que la descendance d’Israël se soit éteinte ? Non pas mais il s’est passé, avec les Israélites, ce qu’on a demandé en vain des Juifs : les Israélites ont certainement eu des descendants, mais ceux-ci se sont complètement fondus dans les peuples au milieu desquels ils vivaient.
Le royaume de Juda subit, plus tard, en deux secousses formidables, le même sort que celui
Comme il était entré en guerre avec l’empire de Babylonie, dont la puissance, plus en aval sur le cours de l’Euphrate et du Tigre, c’est-à-dire plus au Sud-Est de l’empire d’Assyrie, avait succédé
à la puissance assyrienne, l’empereur Nabuchodonosor fit déporter la population judéenne en Mésopotamie, en 586 avant notre ère. Mais l’empereur des Perses, Cyrus, ayant à son tour conquis la Babylonie, autorisa les Juifs à regagner la Palestine, en 538 avant notre ère.
C’est entre cette secousse et la suivante que se place, sous la domination romaine, la vie de
Jésus, qui marque le début de notre ère, c’est-à-dire de notre comptabilité des années.
Mais les Juifs ne se pliant pas à la suzeraineté des Romains comme ces derniers l’entendaient,
Titus, fils de l’empereur Vespasien, prit Jérusalem après un siège mémorable et opéra un massacre terrible de ses habitants, l’an 70 de notre ère.
On fait communément remonter la dispersion des Juifs dans le monde, ce qu’on appelle la diaspora, à cette prise de Jérusalem. La ruine de la ville, par Titus, n’en fut cependant qu’une des causes. D’une part, officiellement si l’on peut ainsi S’exprimer, la diaspora ne fut légalement nécessaire qu’en 135 ; c’est seulement alors que Julius Severus, lieutenant de l’empereur Adrien, ayant réoccupé la ville, la débaptisa en Aelia Capitolina, interdisant aux Juifs le séjour de la cité et de la Judée (mesure d’ailleurs rapportée, deux siècles plus tard, par l’empereur Constantin, qui
avait embrasse :le christianisme). D’autre part, la diaspora avait certainement commencé desl’affaiblissement des royaumes d’Israël et de Juda, et dès les premières déportations. Certains
Israélites auront certainement rejoint plus tard l’un des deux grands courants de l’émigration judéenne.
Les Juifs, en effet, se déversèrent, peu à peu, sur d’autres pays, selon deux grands courants principaux.
Le premier, courant méridional, était formé par les Juifs dits Sephardim, qui sont censés représenter plus spécialement la tribu de Juda. Les Sephardim se sont dirigés en grés vers l’Ouest, c’est-à-dire le long des deux rives de la Méditerranée où ils subirent diverses vicissitudes. Les
Sephardim, beaucoup moins nombreux que ceux de l’autre courant, se considèrent Comme les purs des purs ; ils se prévalent de descendre de Juda, puis d’être les plus anciennement établis d’ans les pays où ils se trouvent. Car, tandis que les communications, à l’intérieur de l’empire romain, étaient libres le long de la Méditerranée, celles par la Germanie, voie que devait emprunter le courant septentrional, ne l’étaient pas encore. Aussi, soit du fait de cet établissement plus ancien, soit du fait de leur moindre nombre, les Sephardim sont en général mieux assimilés que ceux du courant septentrional, et c’est surtout eux qui ont fourni les Marranes, c’est-à-dire les
Juifs convertis et leur descendance.
L’autre courant, septentrional, était formé par ceux qui, graduellement, émigrèrent en Europe orientale, en passant par l’Asie Mineure, puis, de part et d’autre de la mer Noire. Ce sont les
Juifs dits Achkénazim, qui sont censés représenter la tribu de Benjamin (déjà en Palestine, la tribu de Benjamin était cantonnée au Nord de celle de Juda). Ce courant constitue une masse beaucoup plus nombreuse (environ dix fois) que le courant méridional. La petite tribu de Benjamin n’aurait pas pu fournir ces effectifs, mais il se produisit que les Juifs Achkénazim recrutèrent des adhérents nombreux en Europe centro-orientale. C’est à ces adhésions que les Achkénazim doivent
en bonne part les individus blonds ou partiellement blonds qui ne sont pas rares chez eux.
En France, les Sephardim sont couramment dits Juifs d’Espagne, les Achkénazim Juifs d’Allemagne.

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