Les juifs en France.

Un certain nombre de Juifs se trouvaient déjà en Espagne, en Italie, dans le Sud de la Gaule avant l’ère chrétienne, et il n’est pas sans intérêt de noter que, sous l’empereur Auguste (au seuil de notre ère), le roi des Juifs Hérode Archelaüs, fils d’Hérode-le-Grand qui avait ordonné le massacre des enfants mâles de Bethléem, fut exilé à Vienne-sur-Rhône, où il finit ses jours.
Après les prises successives de Jérusalem sous Vespasien et sous Adrien, une bonne partie des Juifs gagnèrent l’Espagne et la Gaule.
Au III e siècle, on en signale jusqu’à Metz (qui s’appelait alors Divodurum) ; C’était d’ailleurs toujours des Sephardim venus du Sud.
Dès l’établissement des peuples germaniques dans les limites de l’ancien empire romain :
(ive siècle de notre ère), les nouveaux gouvernements eurent vivement maille à partir avec les
Juifs. Les Visigoths, qui occupaient la France méridionale et, plus tard, l’Espagne, lancèrent divers édits contre eux, puis les expulsèrent d’Espagne, alors qu’ils n’occupaient plus la Gaule. Ce fut la première expulsion globale d’Espagne et le premier arrivage massif de Juifs en France. Les expulsés s’établirent dans ce qui est aujourd’hui le Languedoc et les régions voisines ; dès le Vie siècle, plusieurs d’entre eux avaient obtenu le droit de bourgeoisie, à Arles en particulier.
Depuis, les mesures de rigueur et celles de clémence se succèdent alternativement à leur égard en France. Les rois mérovingiens (vie et VII e siècles) prirent des mesures de rigueur, rapportées par les empereurs carolingiens (VIII e et IXe siècles). De nouvelles mesures de sévérité et de bannissement furent prises par Philippe-Auguste et Philippe-le-Bel (XII e et XIII e siècles), mais rapportées par Louis-le-Hutin et Jean-le-Bon (XIVe siècle). En 1394, ils sont de nouveau bannis, par Charles VI, et cette fois pour cent cinquante ans, mais ces expulsions n’avaient qu’une valeur limitée, d’abord parce que nombre de grands vassaux retenaient chez eux les bannis, puis parce que ceux qui étaient réellement expulses se retiraient dans le Comté de Toulouse, ou le royaume d’Arles (la vallée du Rhône) ou la Lorraine, qui ne faisaient pas encore partie intégrante de la France. Et c’est également ainsi que les Juifs expulsés d’Espagne en 1492 et du Portugal en
1496 s’établirent principalement à Bordeaux et à Bayonne, ainsi qu’à Avignon et à Carpentras
(Comté Venaissin).
Jusqu’alors, la France n’avait guère eu affaire qu’aux Sephardim, même pour la Lorraine.
Les Achkénazim commencent à frapper aux frontières à partir du XVe siècle, et lorsque Henri II accueillit les Juifs, les organisant, l’année 1552, en quatre « nations », deux de ces nations (celles de Bordeaux-Bayonne et celle d’Avignon-Carpentras) sont constituées par des Sephardim, tandis que les deux autres (celles de Lorraine et d’Alsace) sont déjà en bonne partie formées par des
Achkénazim.
Il devait cependant se produire encore un fort arrivage de Sephardim, du moins du point de vue racial, si ce n’est du point de vue religieux. En effet, lors de l’expulsion d’Espagne des derniers
Sarrasins ou Maures, en 1610, ceux qui s’établirent en France ou passèrent par son territoire pour regagner l’Afrique, étaient accompagnés d’un fort contingent de marranes. L’Espagne n’expulsait pas ces derniers, mais, vraisemblablement peu satisfaits des conditions qui leur y étaient faites, et n’ayant, dans leur tréfonds, . pas opéré une scission complète d’avec leur ancienne ethnie juive, ils mettaient à profit l’occasion pour passer d’Ibérie en France. C’est à ces marranes qu’on attribue diverses colonies de Juifs christianisés établis en particulier dans l’Auvergne, le Charolais et la
Lozère.
A partir de cette époque, XVII e siècle, la majeure partie des nouveaux arrivants furent des
Achkénazim, survenant par le Nord. En 1791, la Révolution française, par l’octroi des droits politiques aux Juifs, accélérait l’envahissement, les Achkénazim dominant de plus en plus quantitativement.
Mais, pour les uns et les autres, c’était la ruée vers les postes directeurs du pays et de l’État. Les 90.000 Juifs de 1870 ne devaient pas être loin du demi-million peu avant la guerre. En
1939, ils tenaient déjà pratiquement les leviers, lorsque...

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